Origines

P. Bonhomme

Mirepoises

 

 1862  :  naissance de la future Institution Notre-Dame . . .

        C'est en effet en 1862, sous le Second Empire, que des soeurs de la Congrégation de Notre-Dame du Calvaire de Gramat accueillaient, en des murs chargés d'histoire, de petites sourdes muettes.
        Le local primitif de la rue Devia et de la rue des Soubirous, appartenait au XIVè siècle à Arnaud de Trian, neveu du Pape cadurcien Jean XXII et son Maréchal de Justice en Avignon. Une centaine d'années plus tard cet immeuble, remarquable par son étendue, était devenu la propriété de la riche famille d'Aurioles qui possédait de nombreuses seigneuries en Quercy, donna un évêque au diocèse de Montauban et dont la dernière héritière épousa Ramond de Gontaud, seigneur de Cabrerets, en 1 546.

           Les Gontaud, étant passés au protestantisme, avaient pris l'habitude de recevoir en la "maison d'Aurioles" devenue leur hôtel particulier. Le dimanche 16 novembre 1561, ces derniers ayant ouvertement provoqué les papistes du quartier furent assiégés par 4000 catholiques cadurciens et massacrés. Un témoin oculaire raconte "... Le jour de dimanche, de matin, étant les hérétiques de ce temps, appelés huguenots, allés et assemblés dans Cahors à la maison d'Aurioles, près de l'église des Soubirous, pour prêcher la parole du diable, furent occis du peuple de Cahors environ 35 et dura le combat depuis le dîner jusqu'aux vêpres ..."
    Cet acte de vengeance populaire obligea le roi Henri IV à dépêcher à Cahors deux commissaires pour instruire cette affaire et punir les coupables. La maison qui avait été le théâtre du carnage ne tarda pas à changer de maître.
    En 1590, elle appartenait à M. de Rupeyroux, consul protestant de Cahors. Au XVIIè siècle, après que le logis fut passé quelque temps aux Peyrusse et aux lssaly, nous y voyons apparaître, entre 1642 et 1650, la plus importante famille qui l'ait possédé, celle des Dadines de Hautesserre.
    Anciens trésoriers des évêques de Cahors, les Hautesserre, embellirent la vieille demeure et firent sculpter leurs armoiries au dessus de la porte d'entrée du XVè siècle et sur la façade est de la maison donnant alors sur un splendide jardin en terrasse sur le Lot.
    En langage héraldique ces blasons, toujours visibles, se lisent comme suit : de gueules au lévriers d'argent passant en pointe, surmonté d'une tour du même, au chef cousu d'azur chargé de trois besants d'or.

    Depuis le jour déjà lointain de l'ouverture des premières classes, l'établissement soucieux d'être largement ouvert au plus grand nombre et répondant à des effectifs croissants n'a cessé de grandir. En témoignent les diverses acquisitions et réhabilitations de bâtiments mitoyens échelonnés dans le temps de 1869 à 1988.

    L'ensemble devenu collège et lycée fut complété par des constructions spécifiques comme le bâtiment A qui se dresse sur les fondements de l'église des Soubirous détruite en 1791 et dont l'école, placée dès l'origine sous le vocable marial, perpétue le souvenir.

 


Les Mirepoises
La rue des Mirepoises, voie en quart de cercle reliant la rue des Soubirous à la rue Louis Deloncle, garde le souvenir d'une ancienne congrégation enseignante propre à notre région.

 Cour intérieure des Mirepoises

    

            En 1665, le marquis de Mirepoix, alors gouverneur du Quercy, légua à son épouse un immeuble qu'il possédait à Cahors pour y fonder une institution religieuse vouée à l'éducation de jeunes filles pauvres. Ce bâtiment, dit hôtel de Mirepoix, occupait donc une partie du vaste espace compris aujourd'hui entre le boulevard Gambetta et la place de la Citadelle. Madame de Mirepoix, avant de rejoindre le Comte de Foix, confia la direction du nouvel établissement à Jeanne de Boissy qui, fidèle à ses engagements, consacra sa vie à l'éducation des jeunes filles.

    Treize ans après le legs et après des travaux d'appropriation la petite communauté enseignante, qui fonctionnait dans des locaux provisoires, s'installa dans ses murs. En 1679 un édit approuva cet établissement et l'année suivante Monseigneur Louis Antoine de Noailles, évêque de Cahors, lui donna constitution et règlement. Ces textes stipulent que les professeurs prendront le nom de "Filles des écoles chrétiennes" et auront pour mission d'éduquer religieusement et d'instruire principalement des jeunes filles défavorisées. Ces soeurs seront plus communément nommées "soeurs mirepoises". L'appelation a perduré.

    Au début de la Révolution, on dénombrait 11 religieuses dont 6 consacrées à l'enseignement et 25 pensionnaires. Le 6 octobre 1792 la communauté fut supprimée, la ville confisqua le bâtiment pour y installer une institution laïque ayant cependant les mêmes attributions. L'ex-supérieure devenue "la citoyenne Delsol" garda sa fonction de directrice.

    Après la période révolutionnaire, le Conseil municipal, en accord avec les autorités religieuses, fit appel, pour poursuivre l'oeuvre de Jeanne de Boissy, aux religieuses des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie, connues sous le nom de "Dames blanches". Le 4 juillet 1804 celles-ci s'installèrent donc dans l'ancien bâtiment des "Mirepoises" qu'elles achetèrent par la suite. Elles y restèrent jusqu'à leur départ volontaire en 1900.

C'est donc dans un espace voué à l'enseignement que fut construite l'annexe de Notre-Dame de la rue des Mirepoises.

Continuité historique, fidélité aux engagements, la rue des Mirepoises retrouve enfin une activité éducative, grâce à l'extension devenue indispensable de l'Institution Notre-Dame.