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La
chose |
Texte et illustrations |
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2002-03
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MAISONNIER
Aladin |
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l'ordinateur |
![]()
J’habite au 17 rue Napoléon, à Reims, en Champagne. Je
m’appelle Fric. J’ai seize ans et je suis ce que mes parents appellent un
“mordu” de l’informatique. Ah oui, je peux en être fier de mes petits codes
d’accès et des quelques sites que j’ai “un peu” piratés. Mais, ce que j’adore
par dessus tout, c’est aller sur internet, “emprunter” des jeux dits “violents”
- d’après mes parents.
Il faut dire que je possède un O.M.N.I.A. 3
* répondant à
la voix, possédant 960 gigas de ... mais je ne vais pas vous inonder de données
scientifiques ; en bref, mon ordinateur est une bonne petite trouvaille! Mes
parents m’ont bien sûr limité : je ne peux l'utiliser que quelques heures par
semaine, mais je trouve tout de même le temps de jouer à ces “jeux violents
qui” ,dit-on, “rendent fous les enfants” . J’en ai déjà terminé une dizaine et
je compte bien continuer.
Si j’avais su ce qui m’attendait
Tout a commencé ce dimanche 6 octobre 2002. Comme chaque
matin, sitôt levé, en attendant que ma mère descende pour préparer le petit
déjeuner, j’allumais mon O.M.N.I.A. 3. Je chargeais “Fury” et m’amusais à
pulvériser une petite vingtaine de soldats, lorsque mon O.M.N.I.A. 3, ma
“machine”, afficha un écran noir comme la suie, sans autre explication. Je ne
m’alarmai pas : il devait y avoir suppression de mémoire ou quelque chose dans
ce genre là. J’utilisai ma “combin’secrète” mais l’écran resta aussi noir
qu’avant. Paniqué, j’essayai à nouveau toutes mes combinaisons, mais en vain.
C’est alors que l’écran me ramena derechef au jeu, sans plus d’explications que
tout à l’heure. Interloqué, je fermai ce dernier, le supprimai et éteignis
l’ordinateur. En attendant je songeais qu’il faudrait demander à mes parents
d’emmener l’ordinateur chez le revendeur pour le faire réparer.
Ceux-ci se levèrent une demi-heure plus tard. Mais
lorsque je soulevai le problème de l’ordinateur, ils répondirent
instantanément : - Hé, tu sais combien ça coûte, une réparation ? Nous
t’avons déjà payé l’ordinateur ! Je n’insistai pas et décidai de la payer moi-même,
cette fameuse réparation. Et quelques jours plus tard, allégé d’une centaine
d’euros, je récupérai mon ordinateur et m’attelai à rattraper mon retard : je
n’avais jamais passé autant de temps sans terminer un jeu “violent”. Ce jour
là, mon O.M.N.I.A. 3 ne me refit pas le coup du 6 octobre ; j’allais finir ce
jeu, je le sentais.
Malheureusement, deux jours
plus tard, mon O.MN.I.A. 3 recommença son manège, à l’instant même où mon jeu
se terminait. Je dus renoncer à le ramener réparer à nouveau,mes finances étant
en baisse. Je ne tins pas compte de cette seconde intervention et débutai un
nouveau jeu (“Big Carnage”) avec anxiété, car je craignais que ma “machine” ne
recommença à nouveau son manège. Une peur inexplicable s’empara de moi.
Peut-être était-ce dû à l’impression de relief apparue au cours du deuxième
arrêt de l’ordinateur ? Il m’avait semblé que l’écran était animé de remous,
comme si quelque chose essayait d’en sortir...
Mais étant déterminé, je continuais donc à jouer. Arrivé
au dernier niveau, j’hésitai: devais-je finir ce jeu ou éteindre l’ordinateur ?
J’optai pour la première solution, mais décidai tout de même d’appeler mes
parents pour qu’ils voient ! Ces derniers arrivèrent et attendirent patiemment
que je gagne ce niveau. Ayant exterminé tous les ennemis, j’attendis que
l’écran recommence son manège. Il ne se passa rien. Au bout de cinq minutes,
mes parents me dirent :
- Et alors ? Où est le
problème ?
- Mais, ... mais ... ???
bafouillais-je.
- Bon, ne nous dérange plus
pour rien. En tout cas, bravo, tu as terminé ton jeu !
Ils allaient franchir la porte, lorsqu’un grésillement
suraigu venant de l’ordinateur leur fit tourner la tête et ... . Et la “chose”
, horrible, indescriptible, noire, malfaisante, bondit hors de l’ordinateur et
nous lança un regard sadique. Je fut pris de nausée, je crus que ma mère allait
s’évanouir tandis que mon père s’écriait : «Bon dieu d’bon dieu » et il me prit
par la main, souleva ma mère par l’autre bras (il faut dire qu’il est très
C’est alors que mon père
d’un geste brusque, épaula de nouveau en me criant: « Eric, écarte-toi !!! »
puis il tira en visant la “chose” qui venait de sauter vers lui ; le
projectile la traversa et “chose” atterrit aux pieds de mon père avec un
sourire mauvais, comme si
elle disait : «Bon, maintenant, à mon tour! » . Elle
leva ce qui devait lui servir de bras et une grosse boule de feu ... non !...
plutôt une grosse boule d’énergie, apparut entre ses “bras” ; je fus tellement
déconcerté que je ne l’esquivai pas à temps et me retrouvai assommé contre
l’escalier, les vêtements en lambeaux, décoiffé par l’énergie qui m’avait projeté
en arrière. Ma mère, affolée, se mit à crier. Quand à mon père, il lança son
fusil à la “tête” de la “chose” (oubliant que cela ne pouvait pas lui faire
beaucoup de mal) et se précipita dehors avec ma mère qui m’attrapa par la main
et me tira hors de la maison après un dernier regard terrifié vers la porte de
la chambre.
Nous nous retrouvâmes dans
une ruelle déserte, puis dans un angle de maison, et nous restâmes immobiles
pour ne pas nous faire repérer par la “chose”. Ma mère alla demander de l’aide
à son amie médecin, MIle Lorenzi. Elle entra en ouvrant la porte à la volée et
se précipita dans le salon de son amie. Mise au courant, cette dernière sembla
quelque peu déconcertée par notre histoire mais vint tout de même pour m’aider
à reprendre toute ma conscience. Quelques minutes plus tard, toutes deux
arrivèrent dans notre “cachette” . Je commençais à reprendre connaissance : je
voyais un peu le paysage, mais tout restait assez flou. Le médecin m’examina et
dit :
- Il faut l’emmener chez moi
et l’allonger sans tarder; il va avoir une fameuse bosse !!! Espérons qu’il n’y
aura pas de séquelles!
- D’accord, mais . . . -fit
ma mère en lançant des regards inquiets autour d’elle- mais la “chose” risque
de nous retrouver !
- Arrêtez avec votre
histoire ! Vous voulez vraiment que votre fils risque réellement quelque
chose ! s’écria son amie en lançant un regard furieux à mes parents.
Je pouvais maintenant bouger mes membres mais pas encore
me lever. Ma mère me fit respirer des sels. Mon père tremblait, faisait les
cents pas en grommelant, lançant des regards inquiets dans tous les coins.
Pendant ce temps, notre hôte allumait la radio. «Trois transports scolaires ont
étés renversés par un extraordinaire souffle d’énergie, on compte au moins
trente cinq blessés,dont sept gravement .. .», déclara la voix du speaker.
C’était la “chose” ,je le
savais ; il fallait absolument intervenir !
«...Et maintenant, voici venue
l’heure de la météo...» Clac ! Je venais d’éteindre la radio. Hé oui, j’avais
bel et bien réussi à me lever ; je m’écriai :
J’ai trouvé la solution !
Si la “chose” est sortie de l’ordinateur, c’est grâce à chaque jeu violent que
je terminais ! En effet, à chaque fin de jeu, l’écran devenait de plus en plus
noir et il y avait de plus en plus de remous. Si je détruis les jeux, cela
devrait pouvoir la tuer !»
Et sans m’attarder plus longtemps, je courus vers notre
maison, animé d’une nouvelle force et d’un grand espoir !
J’entrai en trombe et montai l’escalier quatre à quatre
et ... me retrouvai face à la “chose” qui était entourée d’un halo d’énergie. A
mon entrée elle me fit ce que je pris pour un sourire, ce même sourire sadique
que je lui vis la première fois. Elle s’avançait vers moi, de plus en plus.
Mais je n’allais pas me laisser abattre et je me précipitai vers tous mes C.D.
Roms de jeux et les cassai en deux, en quatre, en huit ,en miettes... avec rage
et fougue. Je transpirais à grosses goutes ; il ne me restait plus que six C.D.
à détruire. La “chose” avait diminué de volume et devait faire maints efforts
pour ne pas se faire happer par l’écran qui l’attirait comme un aimant.
Elle émit un cri : «WOAHA !!!»
... et une nouvelle
boule d’énergie sortit de sa main. Je me précipitai à plat ventre; elle me rata
de quelques centimètres à peine et alla éventrer le mur d’en face. Je me remis
le plus rapidement possible à pulvériser les derniers C.D. : plus que
quatre, plus que deux ! La “chose” lança une nouvelle boule d’énergie qui
réduisit mon bureau en miettes, mais je m’en fichais, il ne me restait
maintenant plus qu’un C.D. à détruire ! Un sourire de triomphe apparut sur mon
visage.
C’est alors que mon poing
qui était censé écraser le C.D. se heurta à l’équivalent de cinq centimètres de
blindage. Je crus bien m’être cassé le poignet. La “chose” minuscule à présent
poussa un hurlement de triomphe (HAGASARU !!!) et lança cette fois-ci deux
boules d’énergie ! Je réussis à éviter la première qui fit partir mon lit en
fumée mais la deuxième arrivait droit sur moi.
Elle n’était plus qu’à cinquante centimètres de mon
visage ... Ca y est, pensais-je, je suis mort. Je fermai les yeux et CRRAK !!!
Je rouvris les yeux et constatai que j’étais encore
vivant. Je regardai ce que je tenais dans les mains : c’était le C.D. coupé en
deux : je l’avais inconsciemment plaqué contre mon visage et il m’avait sauvé
la vie ! La “chose” avait disparu à présent : j’avais réussi.
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Tu
m'as vaincu, mortel, |
Le message s'effaça et mon O.M.N.I.A. 3 explosa. Effrayé, je me précipitai hors de la maison et retrouvai mes parents.
Et je compris que les "choses" pourraient en effet revenir tant qu'il y aurait quelqu'un pour finir des jeux violents.
Les "choses" reviendront, ce n'est qu'une question de temps.
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* O.M.N.I.A. : Ordinateur à Mémoire Neuronique et à Intelligence Artificielle