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Découverte
de la civilisation Crétoise |
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"Bien
que cette île ait connu l'esclavage pendant des siècles,
jamais
le feu de la liberté ne s'est éteint dans le coeur de ses fils."
Pandélis PREVELAKIS
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I- La Crète minoenne (XX°- XIV° s. av. J.C., âge du bronze)
La civilisation dite "minoenne" (du nom du roi légendaire Minos) a connu son apogée entre 1700 et 1450 av. J.C.. La Crète était à l'origine divisée en plusieurs provinces, dont les grands palais témoignent encore aujourd'hui de la puissance : Cnossos, sur la côte Nord, au centre ; Phaistos au sud, dans la plaine de la Messara ; Malia, à l'entrée du haut plateau du Lassithi ; Zakro, à l'extrémité orientale de l'île ; Kydonia (La Canée, aujourd'hui), au nord-ouest. De riches maisons urbaines, ou "villas", comme à Tylissos ou Haghia Triada, ou encore à Arhanes, à Vathypetro ... servaient de résidence à des membres de la famille royale ou aux gouverneurs locaux.
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Chronologie
schématique de l'époque minoenne |
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Classification proposée par A. Evans |
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2750 - 2100 |
Minoen ancien |
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2100 - 1600 |
Minoen moyen |
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1600 - 1050 |
Minoen récent |
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Classification selon l'évolution des palais |
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2750 - 1900 |
Période prépalatiale |
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1900 - 1700 |
Période protopalatiale |
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1700 - 1450 |
Période néopalatiale |
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1450 - 1050 |
Période postpalatiale |
Les grands palais - sans fortifications - sont construits selon le même principal architectural : des quartiers multiples, accolés autour d'une cour centrale, se développent sur plusieurs étages pour former un ensemble monumental qui évoque la forme d'un véritable labyrinthe, comme on peut le voir sur le plan de Cnossos.
La Crète occupe alors la place principale dans le monde de la mer Egée, grâce au contrôle qu'elle exerce sur les routes maritimes et aux relations économiques que les palais entretiennent avec le monde méditerranéen, particulièrement l'Egypte et la Syrie. On parle de "thalassocratie" crétoise ou minoenne, pour désigner cette puissance maritime, revendiquée principalement, selon les historiens anciens, par la dynastie de Minos installée à Cnossos.
Cette brillante civilisation va disparaître brutalement vers 1400 av. J.C., pour des raisons aujourd'hui controversées : l'éruption du volcan voisin de Santorin, peut-être, ou plus sûrement des destructions provoquées par l'homme (révolutions, invasions des peuples de la Grèce continentale ...). Seul le palais de Cnossos semble avoir résisté quelque temps aux ravages et incendies.
II- La période gréco-romaine (XII°s. av. J.C. - IV°s. ap. J.C.)
L'écroulement de la civilisation minoenne et la destruction des palais ouvrent la Crète aux envahisseurs venus de Mycènes, et elle devient "l'île aux cents villes" dont parle Homère, divisée en autant de cités-états souvent en guerre entre elles. Dans le monde Egéen, la civilisation crétoise cède la place à la civilisation mycénienne. Mais la créativité de l'ancienne population minoenne a survécu, et se manifeste par la richesse des arts du métal et de la sculpture.
La période grecque classique (VII°-IV° siècles av. J.C.) ne verra guère d'évolution significative de la civilisation crétoise ; les villes de Crète adoptent les coutumes, les institutions politiques et sociales des cités de Grèce continentale. On peut voir, par exemple, à Lato, au sommet d'une colline dominant la baie d'Aghios Nikolaos, une cité grecque entière avec son agora, ses édifices sacrés et publics (temples, salles du conseil ...).
Certaines cités profitent des divisions et des multiples conflits pour consolider leur pouvoir. C'est le cas par exemple de Gortyne (au sud, près de Phaistos), qui deviendra la rivale de Cnossos. Après la conquête romaine de l'île (I°s. av. J.C.), Gortyne sera la capitale de la province romaine de Crète (siège du gouverneur).
Sous la domination de Rome, la vie est devenue plus paisible et la population s'est répandue dans les plaines et les régions côtières ; les villes se sont étendues et ont vu la construction de monuments fastueux, de résidences luxueuses.
III- La période byzantine (IV°- XI°s. ap. J.C. : 330-1024)
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L'art
byzantin, de nature essentiellement religieuse, est marqué par
un retour aux images (icônes, mosaïques, fresques ...) qui servent
de médiatrices entre les fidèles et Dieu (comme le font à la
même époque les reliques dans le monde chrétien occidental).
Une des caractéristiques de ces images est l'importance de la
couleur ; elles font irradier une lumière dorée, reflet de la
lumière divine dans l'atmosphère sombre |
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Après la séparation de l'Empire romain en Empire d'Orient (ou Byzantin) et Empire d'Occident, la Crète est englobée dans l'empire byzantin (395 ap. J.C.) jusqu'à l'invasion Arabe du IX° siècle. Pendant cette période, qui correspond à l'expansion du christianisme, ont été construites les premières églises en forme de croix, comme la basilique d'Aghios Titos (Saint Tite) à Gortyne.
Après l'occupation Arabe des IX° et X° siècles (823-961), la Crète revient à l'empire de Byzance, et de nouvelles églises commencent à être construites partout. C'est aux XI° et XII° siècles que se développe le style byzantin caractéristique de l'église orthodoxe (plan en croix grecque, fresques et icônes inspirées des livres d'images religieuses ...) ; il connaîtra son plein épanouissement à partir du XV° siècle, au cours de l'occupation vénitienne.
La Crète a été, aux XIV° et XV° siècles un foyer très important de production de peintures murales, peut-être le principal centre d'art byzantin de cette époque : en effet, l'école crétoise nous a laissé dans ses nombreuses petites églises de multiples témoignages de l'activité extraordinaire de ses peintres. L'église de la Panaghia Kéra, non loin du village de Kritsa, est datée des XIII°-XIV° siècles ; ses trois nefs parallèles sont entièrement décorées de peintures murales, qui témoignent de la ferveur religieuse de cette période. La décoration, sans doute réalisée par des artisans locaux au long de la construction de l'église, est un bel exemple de l'évolution de l'art de la fresque vers une représentation de plus en plus réaliste des scènes.
IV- La période vénitienne (XIII°- XVII° s. : 1210-1669)
La
prise de Constantinople par les Croisés (Francs et Vénitiens), offre à la
République de Venise l'occasion de s'assurer l'hégémonie commerciale en
Méditerranée, en prenant le contrôle de la Crète. Cette domination vénitienne
écrasante (grandes familles locales écartées des affaires publiques, fiscalité
oppressante, corvées pour les paysans ...) provoque dans les premiers siècles
une vive résistance, souvent sanglante, avant le retour à la paix qui permet
à la Crète de connaître une expansion économique et culturelle sans précédent,
au cours des XV° et XVI° siècles. Les Vénitiens ont entrepris des travaux
de toutes sortes (fortifications, embellissements, réfection des ports et
des routes, travaux d'irrigation ...) qui contribuent à l'essor économique
de l'île, malgré les tremblements de terre ou les épidémies de peste qui
la ravagent de temps à autre.
V- L'occupation ottomane (XVIII°- XIX° s. : 1669-1898)
A la suite du long siège de Candie (aujourd'hui Héraklion) qui dura 21 années, de 1648 à 1669, la Crète entière se trouve soumise à l'administration du sultan de Constantinople, réglementant toute la vie économique de l'île pendant plus de deux siècles. Cette période permettra le développement des échanges avec la France, particulièrement intéressée par la production d'huile d'olive qu'elle encouragera (pour ses savonneries de Marseille, par ex.).
Le XIX° siècle, parallèlement à la guerre d'Indépendance grecque commencée en 1821, verra de nombreuses insurrections contre les occupants Turcs, souvent réprimées dans le sang, comme le massacre perpétré au monastère d'Arkadi (1866), qui provoque l'émotion de toute l'Europe et reste dans l'histoire le symbole de la résistance crétoise.
VI- La période moderne (XX° siècle)
Après les derniers troubles de 1896, la Crète obtient son autonomie, sous l'autorité de la Grèce continentale, avant d'être définitivement rattachée à la Grèce (1913). Elle connaîtra une nouvelle période difficile lors de la seconde guerre mondiale, offrant une résistance héroïque aux forces allemandes qui la soumettent à de violents bombardements aériens.
Aujourdhui, province hellénique, forte de ses 500 000 habitants, elle vit de l'exportation de ses productions agricoles et surtout du tourisme que favorise la richesse de son patrimoine historique.
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Quelques Crétois célèbres
VENIZELOS Eleuthérios : homme politique né près de La Canée (1864-1936)
artisan de l'autonomie crétoise, puis de son rattachement à la Grèce, fondateur du parti libéral ; il permet à la Grèce d'occuper sur la scène internationale une situation forte, grâce à la création d'une véritable nation hellénique (union à la Grèce - après la Crète - de l'Epire, de la Macédoine, d'une partie de la Thrace et des îles de la mer Egée).
A La Canée, dans la péninsule appelée Akrotiri Kydonias, se trouve la tombe de Venizelos, sur la colline Prophitis Ilias, où a eu lieu le premier rassemblement révolutionnaire en 1897, et où le drapeau grec s'est élevé pour la première fois en 1913.
KAZANTZAKI Nikos : écrivain, "d'abord Crétois et ensuite Grec " (1883-1957)
né à Héraklion au temps des insurrections crétoises contre les Turcs ; il évoque ces luttes dans son roman La liberté ou la mort, comme ci-dessous à propos du drame du monastère d'Arkadi :
"L'air
se remplissait de rugissements, les chrétiens rugissaient, les Turcs rugissaient.
[...]
C'étaient la Crète et la Turquie, et elles se battaient. Liberté
! criait l'une. Mort ! répondait l'autre."
DAMASKINOS Mikaïl : peintre religieux byzantin (env. 1530-1591) - en français : Le Damascène
il allie la "manière grecque" orthodoxe et la "manière italienne" des peintres de la Renaissance qu'il a côtoyés. Il aurait été le maître du peintre espagnol El Greco (Domenikos THEOTOKOPOULOS), natif d'Héraklion.